Rencontres Amoureuses
Histoires d’amour

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Des histoires d’amour font de Valence une ville romantique

À Valence, les amoureux s’aiment à tout vent et tout le temps. Parmi ceux-ci, des célébrités, écrivains et même un prix Nobel. Des amours auraient pu conduire des Valentinoises à devenir impératrice ou Première dame de France !

Amours authentiques, historiques, clandestins, romantiques, passionnés, éphémères… ou de papier, Valence rime avec romance.

Le Dauphin Louis II, futur roi Louis XI, courtise les Dauphinoises

Au 15e siècle, le Dauphin Louis II, fils de Charles VII, gouverne la province du Dauphiné. Le Dauphin voyage volontiers dans la contrée. Il séjourne à Grenoble, Romans, Vienne, Montélimar, Valence qu’il apprécie particulièrement pour sa situation, ses fontaines, ses habitants. Il pratique la chasse et apprécie aussi la compagnie des femmes. On lui prête des aventures avec Paunette Champée et Guyette Durand, qu’il dota et maria à deux de ses secrétaires. Peu difficile en amour, il fait de nombreuses autres conquêtes. Louis II séjourne pendant une dizaine d’années (1447-1456) dans le Dauphiné. Fondateur de l’université de Valence en 1452, il deviendra le roi Louis XI, à la mort de son père neuf ans plus tard.

Sous les remparts de Valence, un baiser de feu pour Jean-Jacques Rousseau

Sous les remparts de Valence, un baiser de feu pour Jean-Jacques Rousseau

En septembre 1737, Jean-Jacques Rousseau, âgé de 25 ans, s’arrête à Valence à l’auberge SaintJacques lors d’un voyage en diligence de Chambéry à Montpellier. Au cours de la promenade le long des remparts, proposée après le dîner par madame de Larnage, cette compagne de voyage lui prend le bras, le presse contre son cœur, puis le passe autour de son cou et… « dans l’instant sa bouche parla trop clairement sur la mienne pour me laisser mon erreur. » Le jeune homme s’enhardit. « Jamais mes yeux, mes sens, mon cœur et ma bouche n’ont si bien parlé. » révèle-t-il dans ses Confessions.

À l’âge de 18 ans, Étienne Grand, père du général valentinois Championnet dont la statue trône sur le Champ-de-Mars, séduit tour à tour Marie Collion, jeune cuisinière auprès de sa mère, de qui il aura un enfant, puis sa jeune sœur Magdeleine qui lui donnera deux enfants dont le futur général. Moins d’un mois et demi après, il devient père de Jean Étienne Antoine qu’il conçut avec Louise Roullié, jeune fille de bonne famille, âgée de 19 ans. Père de quatre enfants avec trois femmes différentes, le volage Étienne assuma ses responsabilités en versant des pensions à ses enfants et aux sœurs Collion. Réfractaire au mariage, il épouse tout de même la mère du général seulement deux jours avant de mourir en 1788 alors âgé de 50 ans.

Comme en 1777, le capitaine Choderlos de Laclos réorganisait l’école d’artillerie à Valence, il a probablement connu Étienne Grand et eu vent de ses aventures. De quoi l’inspirer pour ses sulfureuses « Liaisons dangereuses » !

Des liaisons dangereuses pour le père du général Championnet !

Bonaparte, jeune lieutenant d’artillerie est nommé à Valence en 1785. Il fréquente la bourgeoisie et la noblesse valentinoise. Occasions de rencontrer et passer de bons moments avec Caroline du Colombier. Les tendres moments passés à la cueillette des cerises aux Basseaux il ne les oublia pas : « Nous nous ménagions des petits rendez-vous et tout notre bonheur se réduisit à manger des cerises ensemble.» Cinq ans plus tard il effectue un autre séjour. Il courtise Amélie de Laurencin « une très belle blonde » demeurant au château de Chamfort sur la commune d’Étoile.
Il s’éprend aussi d’Adélaïde de Saint-Germain, fille naturelle de Louis XV, « une très belle brune ». Monsieur de Saint-Germain coupa court à cette relation. Pour lui, ce jeune lieutenant n’aurait pas d’avenir !

Ces rencontres ont inspiré Bonaparte pour écrire un « Dialogue sur l’Amour ». Devenu l’empereur Napoléon Ier, il n’oubliera pas ses amours de jeunesse. Pour elles et leurs proches, l’empereur favorisa leur ascension sociale. Il offrit même à Caroline du Colombier, une magnifique bague dont le décor gravé dans l’ivoire représente un couple cueillant des cerises

Napoleon

Bonaparte séduit par les plus belles filles de Valence

L’actrice Jacqueline Delubac, pseudonyme de Jacqueline Basset née à Lyon, a vécu sa jeunesse à Valence. Au cours de son premier bal dans les salons de la Croix-d’or, Jacqueline rencontre Henri. Mais l’idylle est de courte durée. Montée à Paris, elle prend des cours de danse et de chant. Sacha Guitry, qui cherche pour une de ses pièces une jeune et jolie comédienne capable de jouer avec l’accent anglais, l’engage et lui fait une cour discrète. Il divorce d’avec Yvonne Printemps et épouse Jacqueline le lendemain. Le jour de leur mariage, Guitry conclut son discours « elle est vraiment ma moitié, puisque j’ai le double de son âge ». Son charme physique fait d’elle l’une des Françaises les plus séduisantes de l’entre-deux-guerres. Le magazine américain Life la classe parmi les cinq femmes les plus élégantes du monde.

Sacha Guitry épouse sa moitié !

Pendant la Seconde Guerre mondiale, sous le nom d’Andrieux, Louis Aragon et Elsa Triolet, écrivains, résistants, communistes recherchés, se sont cachés à Saint-Donat dans le nord de la Drôme. Malgré les consignes du parti qui voulait que le couple se sépare pour raison de sécurité, ils sont restés ensemble. À plusieurs reprises, ils se rendent à Valence et fréquentent le Champde-Mars, le parc Jouvet… Elsa écrit entre autre, une nouvelle d’amoureux dans le cadre valentinois. Aragon écrit de sublimes vers pour Elsa qui sont au nombre des plus beaux chants d’amour. Jean Ferrat les a chantés.

Les Yeux d’Elsa
« Tes yeux sont si profonds qu’en me penchant pour boire J’ai vu tous les soleils y venir se mirer S’y jeter à mourir tous les désespérés Tes yeux sont si profonds que j’y perds la mémoire. »
Juste après la guerre, Elsa Triolet demande à Raymond Peynet d’illustrer son ouvrage « Dessins animés ». Dans ce livre, Peynet a dessiné le kiosque de Valence qu’avait d’ailleurs connu Elsa.

Louis Aragon et Elsa Triolet, ensemble en Drôme

L’écrivain Albert Camus et la drômoise Blanche Balain, originaire d’Anneyron (Drôme), se sont connus à Alger. Entre eux se noue une idylle. Le père de Blanche ayant découvert leur relation demande sa mutation. Cependant, ils entretiennent une correspondance. Pendant la guerre, les Balain séjournent à Nice, et Blanche se rend à Anneyron alors que Albert Camus suit une cure au Chambon-sur-Lignon (Haute-Loire).

En juin 1943, ils se donnent rendez-vous à Valence. Ils visitent la ville et se promènent au parc Jouvet « dans une émotion non seulement esthétique mais… romantique » se rappela encore longtemps après Blanche.
Albert Camus recevra le prix Nobel de littérature en 1957

Albert Camus et Blanche Balain
rencontre romantique

Marie-Louise Terrasse, née à Valence en 1923, aurait pu être Première dame de France ! À l’âge de 14 ans, elle rencontre à Paris François Mitterrand. Follement amoureux de cette belle jeune fille, il lui fait une cour assidue. Il lui aurait même écrit plus de 300 lettres. Ils se fiancent en 1940 mais deux ans plus tard, elle rompt ses fiançailles.

En 1949, elle est engagée à la Radio Télévision Française (RTF) et devient une populaire speakerine sous le pseudonyme de Catherine Langeais. Lui sera élu président de la République en 1981, et à ce titre remettra la croix de la Légion d’honneur à l’Élysée à son ex-fiancée

mitterand

François Mitterrand fiancé à une Valentinoise

Raymond Peynet est né en 1908 à Paris. Après une formation aux Arts appliqués, il devient dessinateur et travaille pour des agences de publicité. En se mettant à son compte, il dessine pour des magazines.

« C’était en l’année 1942. Je me trouvais à Valence, charmante ville de France, et me promenant dans le jardin public j’ai eu un coup de cœur en voyant le kiosque à musique. J’imaginais aussitôt un petit violoniste jouant pour une belle qui l’écoutait passionnément entourés de petits oiseaux cueillant les notes de musique qui s’échappaient du violon. » se rappelle Raymond Peynet.

Devant le kiosque, il crayonne des amoureux que Max Favalelli, rédacteur en chef de la revue « Ric et Rac » dénomme « Les Amoureux de Peynet ». Lui, un musicien aux cheveux longs, coiffé d’un chapeau rond et portant l’habit, fait la cour à une frêle jeune fille pas vraiment intimidée, usant de ses charmes. Personnages fétiches de Peynet, ses Amoureux connurent le succès. Leur charme désuet est éternel et plaît encore. Les « Amoureux de Peynet » symbolisent la Saint-Valentin comme fête du romantisme.

Raymond Peynet a épousé Denise Damour pour laquelle il écrivait des billets d’amour ! Il est décédé en 1999 à Mougins (Alpes-Maritimes).

Le kiosque à musique du Champ-de-Mars a été créé par l’architecte Eugène Poitoux en 1890. C’est grâce à la notoriété acquise avec les Amoureux de Peynet qu’il a été sauvé de la démolition. Désigné « Kiosque des Amoureux de Peynet » en 1966, il est classé monument historique en 1982. Pour l’artiste ce kiosque est « le domicile sentimental de mes Amoureux ». Il recommandait à ses admirateurs « Allez voir ce kiosque à musique, il vous portera bonheur ».
Aussi Gérard Vialet reconnaît que « Peynet a été l’ambassadeur de la Ville de Valence toute sa vie ».

Ces fameux amoureux sont devenus « Les amoureux de papier » pour Charles Aznavour auteur de la chanson interprétée par Marcel Amont.

Les amoureux de papier
Effeuillent la nature.
Je t’aime un peu, beaucoup,
Passionnément, je jure.

Georges Brassens, ami de Peynet, inspiré par le couple a composé « Les amoureux des bancs publics ».

Les amoureux qui se bécotent sur les bancs publics,
Bancs publics, bancs publics,
En se disant des « Je t’aime » pathétiques
Ont des petites gueules bien sympathiques.

Kiosque Peynet

Les « Amoureux de Peynet » sont nés à Valence

En 1942, Armel travaille comme mécano aux chemins de fer à Valence. Il occupe ses loisirs à « bricoler » des bagues. Il en fabrique une avec une pièce de monnaie (à la mode à cette époque) pour la fille d’un collègue. Sa copine Marinette voulant la même lui en demande une. La jeune fille ne laisse pas insensible Armel. Aussi, il multiplie les rencontres pour des essayages au doigt de Marinette bien plus souvent que nécessaire !…

Finalement Minou et Minette, les tendres surnoms qu’ils se sont donnés, se marient et connaîtront le grand amour. Ainsi se sont rencontrés les parents de Gérard Vialet. Leur amour est né autour d’une bague. Et beaucoup plus tard, le fils deviendra bijoutier et fabricant de bijoux d’amour !

Vialet

Minou et Minette
Un amour né autour d’une bague

Sous les remparts de Valence, un baiser de feu pour Jean-Jacques Rousseau

Des liaisons dangereuses pour le père du général Championnet !

Napoleon

Bonaparte séduit par les plus belles filles de Valence

Sacha Guitry épouse sa moitié !

Louis Aragon et Elsa Triolet, ensemble en Drôme

Albert Camus et Blanche Balain
rencontre romantique

mitterand

François Mitterrand fiancé à une Valentinoise

Kiosque Peynet

Les « Amoureux de Peynet » sont nés à Valence

Vialet

Minou et Minette
Un amour né autour d’une bague